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-Chapitre 30-

-Chapitre 30- 

-POV Rhaenyra Targaryen-

Observer le magnifique et majestueux dragon de mon cousin me mettait dans un état compliqué, un état que je ressentais souvent lorsque je pensais à Aemon, car il incarnait tout ce que j’aimais et tout ce que je détestais chez un homme.

Il est beau, grand, drôle, charmant, poli, tolérant, généreux et intelligent, une intelligence qui lui a permis d’accroître plusieurs fois, voire plusieurs dizaines de fois, sa richesse personnelle ainsi que celle de sa Maison. Selon les rumeurs, il serait même devenu une fine lame et passerait le plus clair de son temps à se battre contre les chevaliers aguerris au combat de l’ordre du Bouclier de Bronze qui, bien que célèbre, ne sont pas des chevaliers assermentés à la Maison Royce comme tout le monde l’imagine, mais à lui directement.

‘Une information que j’ai apprise récemment de ma cousine,’ pensai-je en lui lançant un petit regard du coin de l’œil.

En reportant mon attention sur Aemon, tous ses défauts me sont revenus en pleine face.

En réalité, il n’avait pas beaucoup de défauts, et encore moins de défauts que je détestais, mais deux choses faisaient de lui mon ennemi à ce jour, bien que nous soyons, en termes de sang, plus proches que ma cousine Jeyne.

Son désir de voir les hommes régner sur les femmes et son arrogance.

En cherchant à destituer ma propre cousine Jeyne pour y mettre cet ambitieux coq Arnold Arryn, Aemon me confrontait directement et ouvrait la porte aux commérages, les mêmes commérages qui avaient fait destituer Otto Hightower de son poste de Main du Roi.

‘Des commérages qui pourraient lui valoir la peine capitale,’ me dis-je avant de jeter un regard sur Vhagar et Urrax et d’ajouter pour moi-même, légèrement inquiète : ‘Ou bien une guerre sanglante.’

Il était tout ce que je voudrais être et tout ce que je ne serai jamais : un homme, pour commencer, un homme puissant possédant un dragon qui sera, d’ici quelques années, aussi grand que Balerion la Terreur Noire, un homme capable de lever plus de 10 000 soldats et 2 000 chevaliers.

‘Si j’avais eu un dragon, une armée, et que j’étais née homme, tout le monde me respecterait et se prosternerait devant moi. Mais au lieu de ça, il essaie de faire en sorte que cette petite merde capricieuse me vole ce qui est à moi,’ pensai-je en regardant mon demi-frère Aegon tenir la main de ma si bonne amie Alicent.

‘Il ferait un terrible roi, ce n’est pas lui l’élu, l’élu sera de ma lignée, un véritable roi Targaryen qui fera honneur au Conquérant,’ pensai-je avant de croiser le regard d’Alicent qui veillait sur ses petits comme une mère poule, au point de les étouffer et de les rendre infernaux.

‘Une si mauvaise mère, je ne serai pas comme elle, jamais comme elle.’

Tandis que j’étais perdue dans mes pensées, Aemon était déjà à terre et tendait les bras vers un petit garçon.

Étonnée, je me suis d’abord demandé s’il avait pris une femme à qui il avait fait un bâtard, mais l’espoir naissant de pouvoir rallier Laena à mon côté s’est rapidement évanoui lorsque j’ai aperçu une broche représentant le blason des Stark sur les vêtements du petit garçon.

‘Sale fils de pute,’ hurlai-je intérieurement en comprenant instantanément ce qu’il avait fait.

Mon père, inconscient de ce qui se passait ou cherchant à éteindre le feu qui menaçait de brûler entre nous, s’est avancé tout sourire et a dit, stupéfait par la nouvelle carrure de mon cousin, qui dépassait sûrement les 190 cm musclé :

« Aemon, par les sept, j’ai bien failli ne pas te reconnaître, tu as tellement grandi. »

« Je vais parfaitement bien, mon oncle. Cela me fait plaisir de vous revoir après tout ce temps, » dit-il.

Mon père sourit et dit : « Moi de même. »

Toujours stupéfaite par l’arrivée de mon cousin en compagnie de l’héritier de Lord Rickon Stark, Seigneur de Winterfell et Gardien du Nord, je n’ai pas réagi jusqu’à ce que je sente un léger coup de coude me frapper le bras.

J’ai immédiatement avancé, mais Alicent a profité de ma maladresse pour dire :

« Rhaenyra, tu ne salues pas ton cousin qui a fait un si long voyage ? »

‘Cela ne lui a pas pris plus de quelques jours,’ pensai-je en me forçant à garder une expression neutre.

Toute jeune dame bien éduquée reconnaîtrait son erreur et serait forcée de demander pardon, ne serait-ce que par politesse, mais j’étais l’héritière, et cette salope savait que je ne baisserais pas la tête devant mes subordonnés, car ce serait perçu comme un signe de faiblesse.

‘Un signe de faiblesse déjà perçu chez mon père.’

Un léger silence s’est installé, et sans rien dire, je me suis avancée et j’ai tendu ma main à mon cousin qui, avec un léger rictus narquois, s’est exécuté, a placé un genou à terre, pas le moins du monde offensé, et a dit en me baisant légèrement la main :

« Princesse, c’est une joie de vous revoir. Plus les années passent, et plus je me rends compte que vous n’avez point volé votre titre de délice du royaume. »

Père sourit et dit :

« Je suis heureux de voir que la Maison du Dragon, même séparée par le temps et l’espace qui nous séparent, reste toujours unie. »

J’ai hoché la tête et j’ai dit : « Cela me fait chaud au cœur que vous ayez tenu à ce que votre mariage se déroule en même temps que le mien, Lord Royce. »

J’ai dit cela afin de briser le petit air tranquille qu’il avait en permanence, que je savais être un masque qu’il revêtait pour ne pas montrer sa peine ou sa colère, mais à ma grande surprise, mon cousin n’a pas réagi.

Il n’a pas démystifié le fait que c’était mon père et la Maison Velaryon qui étaient principalement les instigateurs de ce double mariage, et il n’a pas non plus remis en question le fait qu’il était un Prince de la Maison Targaryen, un cavalier dragon, et non le seigneur d’une vulgaire maison de second ordre.

Aemon a dit haut et fort devant la foule rassemblée, avec un léger ton d’autodérision :

« Il est vrai que cela me tenait à cœur de fêter l’union entre moi et Laena avec vous tous, car ce ne serait pas pareil sans ma famille et toutes vos nobles personnes pour y assister. Je vous remercie tous d’avoir contribué au vœu pieux d’un jeune seigneur arrogant. »

Mon père a souri face à ce commentaire, comme toute la cour qui agissait, comme à chaque fois, selon l’humeur de mon père pour entrer dans ses bonnes grâces et ne pas le contrarier, et puis il dit :

« Aemon, tu n’es pas un seigneur arrogant, tu es un seigneur dragon, prince de la Maison Targaryen, et c’est tout autant mon souhait que tu sois ici pour célébrer avec les plus nobles seigneurs du royaume ces deux merveilleuses unions qui uniront pour un siècle les Maisons Targaryen, Royce et Velaryon. Et je tiens à dire cela devant vous tous : je suis heureux et fier de tout ce que tu as accompli au nom de la Maison Targaryen. »

Je me suis retenue de rouler des yeux en voyant mon cousin, qui s’était mis debout lorsque je ne faisais plus attention, serrer mon père dans ses bras, faisant mine d’être profondément touché par ces paroles vides.

Tous ont applaudi comme les petits moutons qu’ils étaient devant cette touchante scène d’affection familiale entre mon père et mon cousin, avant qu’ils ne se lâchent tout sourire et que Père ne dise :

« Maintenant que mon neveu est enfin arrivé parmi nous, préparez-vous tous à célébrer cet événement comme il se doit. »

Tandis qu’il ouvrait la voie, j’ai vu qu’Aemon restait derrière en donnant ses instructions au jeune Stark qui l’accompagnait, que j’avais identifié sans en être sûre comme l’héritier de Lord Rickon Stark, Cregan Stark.

« Cousin, » dis-je en avançant vers lui.


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