-Chapitre 193-
Added 2024-08-17 02:00:33 +0000 UTC-Chapitre 193-
« Permission de parler librement ? » demanda Sandor.
« Vas-y, de toute façon, tu ne sais pas parler autrement, » dis-je en m’asseyant dans les appartements qui m’avaient été attribués, habituellement réservés au commandant de Greyguard.
« Je trouve cette histoire de commandant désobéissant très louche, » dit Sandor.
« Je la trouve aussi louche, » dis-je, en accord avec son analyse.
Jaime hocha la tête et dit : « Je suis d’accord avec Sandor, ce Walton Steelshanks a omis quelque chose dans son récit que tout le monde semblait savoir, sauf nous. »
« Je pense que je sais déjà ce qu’il a omis de me dire, » dis-je en repensant à des informations que Bryan m’avait fait parvenir auparavant.
« Quoi ? » demanda Sandor sans filtre, une chose que j’aimais bien chez lui.
« Il a placé de nombreux cousins et anciens lieutenants à des postes de haute responsabilité. Si l’un d’entre eux venait à merder, il vaudrait mieux pour lui que l’affaire soit rapidement étouffée, » dis-je, comprenant pourquoi Walton décidait de garder le silence.
« Il a peur de vous, » dit Sandor, presque comme si c’était de ma faute.
‘Et il n’aurait pas tort. Je me suis montré tellement intransigeant que mes vassaux ont tellement peur de me décevoir qu’ils sont prêts à me mentir droit dans les yeux de peur de perdre leurs têtes,’ pensai-je.
« Ce n’est pas une excuse, il doit être puni pour montrer l’exemple. »
« Je suis d’accord sur le principe, mais je dois encore réfléchir à sa punition. La peur est bonne pour garder les hommes en ligne, mais pas quand elle les empêche d’assumer leurs erreurs au risque de devenir malhonnêtes, » dis-je en cherchant à enseigner une leçon à Walton, qui je sais m’est totalement loyal.
« J’ai bien une petite idée, » dit Loras, parlant pour la première fois depuis le début de cette conversation.
J’ai hoché la tête, prêt à tout entendre, et puis il commença à m’exposer son plan.
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-POV Quentyn Martell-
‘Revoir Dorne après tout ce temps était pratiquement irréel, mais revenir avec Arianne l’était encore plus, surtout dans des habits de septa,’ pensai-je en regardant ma sœur, qui fixait l’eau des jardins aquatiques dans un état second, une habitude qu’elle avait prise depuis qu’elle avait été évincée de la capitale et qu’elle était revenue dans sa terre natale.
Bien que je l’aie haïe une grande partie de ma vie, car nous étions en perpétuel conflit à l’époque, les guerres et les conflits Targaryen, qui nous ont tous les deux plongés, ainsi que la Maison Martell, dans une tempête de merde, m’ont appris à relativiser ainsi qu’à pardonner.
‘De toute façon, à la fin, c’est moi qui suis ressorti vainqueur de toute cette histoire,’ pensai-je en m’imaginant bientôt à la tête de Dorne.
‘Du moins, à la tête du Duché Martell,’ me dis-je en repensant brièvement aux sanctions et nouvelles lois promulguées par l’Empereur.
Cela a provoqué le déclin du statut de la Maison Nymeros Martell, anciennement Maison Princière de Dorne, reléguée au titre de Maison Ducale, ce qui nous mettait au même niveau que les autres Grandes Maisons restantes de Westeros, telles que les Lannister, les Tyrell, les Arryn et les Stark.
« Alors, qu’est-ce qui attire autant ton attention dans ce lac, chère sœur ? » dis-je en m’asseyant juste à côté d’elle.
« Rien, c’est simplement calme, » dit-elle d’un ton indifférent et vaincu.
Cette réponse terne a directement étouffé le sourire sur mon visage. Bien que nous ne nous portions pas dans le cœur l’un de l’autre, Arianne restait ma sœur, et je ne pouvais pas véritablement me sentir joyeux face à un tel mal-être.
« Tes enfants te manquent ? » lui ai-je demandé après quelques instants, et il n’en a pas fallu plus pour qu’elle s’écroule dans mes bras.
« Je la déteste, je la déteste, je la déteste, je la déteste, » répétait-elle en pleurant à chaudes larmes.
Je n’avais pas besoin qu’elle m’explique de qui elle parlait, car tout Dorne savait maintenant que les serpents de sables et Ellaria avaient été pardonnés et étaient désormais sous la protection de la nouvelle impératrice Daenerys Targaryen.
‘C’est le destin,’ pensai-je, car Tyene avait tout gagné après avoir tenté d’assassiner l’Empereur, alors qu’Arianne, en la protégeant bêtement, avait tout perdu.
Nous sommes restés quelques minutes dans les bras l’un de l’autre, puis elle a dit : « Savoir que j’ai tout perdu à cause de ses conneries me tue, je regrette tellement. Je pensais que j’avais le pouvoir de l’arrêter, mais… mais… »
« Mais tu n’avais aucun pouvoir, à part celui qu’il te prêtait, » dit mon père, non loin de là, toujours accompagné de son fidèle garde du corps Areo Hotah. Mais ce n’est pas eux qui ont attiré mon attention, c’était la femme dont les souvenirs devenaient flous à mesure que le temps passait.
« Mère ? » demandai-je, et la dame hocha la tête joyeusement.
Arianne et moi nous sommes levés dans un état second et avons étreint la dame, qui nous a immédiatement serrés très fort. Depuis que j’ai été exilé chez les Yronwood, je n’avais plus eu de contact avec elle, et encore moins depuis qu’elle avait quitté Dorne pour se rendre dans sa ville natale.
« Que fais-tu ici ? » essaya de demander Arianne.
« Je suis venue pour te soutenir, bien sûr. »
Un petit sentiment de déception a émergé avant de rapidement se faire écraser par la voix rassurante de ma mère, qui dit : « Et je suis venue voir mon garçon, qui n’en est plus un maintenant, que je croyais parti, revenir d’entre les morts. »
J’ai souri, puis j’ai dit : « Cela fait longtemps que nous ne nous sommes pas vus, as-tu prévu de rester longtemps ? »
Un petit sourire triste est né sur son visage, et elle a caressé nos joues, les yeux brillants de larmes non versées : « Je ne vous quitte plus. »
Son regard s’est tourné vers Arianne, puis elle a dit : « Nous allons faire en sorte que tu voies tes enfants grandir auprès de toi, Arianne. Tu ne dois pas vivre la même chose que moi. »
« Aegon ne sera pas d’accord, » dit Arianne sur un ton découragé qui aspirait toute la joie qui illuminait son visage quelques secondes auparavant.
Mère a lâché ma joue pour prendre celle de ma sœur en coupe et elle dit :
« Arianne, tu peux me faire confiance sur cela. Tu verras tes enfants grandir et personne ne m’arrêtera. »
Je ne sais pas si c’était le ton ou le regard que notre mère avait, mais cela a instantanément fait fondre Arianne en pleurs alors qu’elle hochait la tête pour lui signifier qu’elle la croyait.
Voyant que mon père restait silencieux malgré les propos audacieux de mère, je me suis dit que ce n’était peut-être pas impossible.
‘Espérons qu’elle sache ce qu’elle fait. Notre Empereur n’est pas un homme simple,’ me dis-je en repensant à l’homme qui hantait mes nuits.
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-POV 3e-
Karlon reposait dans la meilleure chambre du bordel le plus prisé de la Mole, un bordel qui avait été racheté par la plus grande propriétaire de bordel du royaume depuis que la 11e Légion avait pris racine au Mur.
Allongé dans un lit douillet tandis que ses soldats se battaient sur le Mur, Karlon ne se doutait pas qu’il allait bientôt subir l’expérience la plus humiliante et stressante de sa vie.
Alors que les soldats censés veiller et garder leur chef prenaient du plaisir dans une autre pièce avec des putains qu’ils avaient payées en douce plus cher pour que personne ne sache qu’au lieu de surveiller les alentours, ils étaient en train de baiser des femmes.
Qui pouvait les blâmer ? L’ordre et la vertu n’étaient pas les principales qualités de leur officier supérieur, et ce dernier ne se souciait pas réellement de ce qui se passait la nuit, car personne n’oserait faire du mal à l’un des cousins de Walton Steelshanks, sans aucun doute l’un des plus puissants seigneurs après l’ex-gardien du Nord, Eddard Stark.
Du moins, c’est ce que Karlon pensait, et il était sur le point de comprendre ce que signifiait réellement le mot… pouvoir.
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-POV Sandor Clegane-
Je suis entré dans le bordel de seconde zone, bien trop luxueux pour ce petit patelin de merde, et j’ai demandé à la première personne que j’ai croisée : « Où est Karlon Steelshanks ? »
L’homme, légèrement ivre, m’a regardé de haut en bas avant de sourire et de cracher par terre. J’ai fait de même avant d’attraper sa tête et de la cogner violemment contre le mur, une fois, deux fois, trois fois, jusqu’à ce qu’il arrête de bouger et de respirer.
La prostituée, encore accrochée au bras de l’homme dont la cervelle repeignait désormais les murs du bordel, terrifiée par mon apparence, a pointé du doigt la pièce derrière moi :
« Ce n’était pas si compliqué, » dis-je avant de me rendre dans la chambre de Karlon Steelshanks.
J’ai ouvert la porte d’un violent coup de pied, réveillant le principal concerné, puis je l’ai attrapé par les cheveux et l’ai traîné dehors.
Une fois dehors, je l’ai laissé tomber. Il s’est rapidement remis sur ses pieds et a dit, furieux :
« Comment oses… »
Les mots qui allaient sortir de sa bouche sont restés coincés au fond de sa gorge lorsqu’il a vu mon visage, et un air d’effroi a profondément marqué ses traits.
Un grand bruit a retenti, et un nuage de poussière et de neige a été soulevé par l’atterrissage brutal de l’Empereur, qui avait tout prévu pour marquer au maximum cette raclure.
Une fois le nuage de poussière retombé, Rhaegal a rugi sur l’homme, toujours à genoux, qui était à deux doigts de se pisser dessus. Le bruit a alerté tout le patelin, et de nombreux légionnaires de l’armée, profitant de leurs jours de permission, ont commencé à affluer.
« KARLON STEELSHANKS ! »
Le rugissement d’Aegon a semblé réveiller le malheureux à mes pieds, qui était toujours plongé dans un état second. Il se leva rapidement avant de s’agenouiller correctement, comme tout bon légionnaire, sans aucune trace de l’arrogance dont il était muni au départ.
‘Au moins, il a véritablement été formé,’ pensai-je en regardant l’homme déjà mort, qui ne savait pas encore pourquoi il allait mourir.
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« Oui, votre majesté, » dis-je en m’agenouillant correctement devant l’Empereur, clairement en colère après moi pour une raison que j’ignorais.
« Tu as été reconnu comme un traître à l’Empire. Qu’as-tu à dire pour ta défense ? » dit l’Empereur en me regardant comme si mon sort avait déjà été scellé.
Sachant que je n’avais jamais trahi l’Empire, j’ai déclaré, confiant :
« Je n’ai jamais fait une telle chose, et si je l’ai fait, alors je suis prêt à me faire brûler par le feu du dragon de sa majesté sans broncher. »
L’Empereur, du haut de son dragon, dit :
« Félicitations à toi, Karlon Steelshanks, ton vœu vient d’être exaucé… DRACARYS ! »
« NOOOOOOOOOOOON ! » hurla l’homme avant d’être happé par les flammes et réduit en cendres, une question demeurant dans son esprit : ‘Pourquoi ?’
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-POV MC-
J’ai observé les légionnaires de mon armée rassemblés dans ce patelin, tous présents pour profiter des bordels de Chataya, et j’ai dit :
« À partir de ce jour, les permissions sont supprimées. Il y a de cela quelques jours, un ennemi que nous croyions tous éteint a refait surface, et ce, après des millénaires de tranquillité. »
Tous étaient pendus à mes lèvres, que ce soit parce qu’ils étaient choqués de me voir, car beaucoup d’entre eux étaient des anciens soldats de la coalition Bolton, ou parce qu’ils étaient de jeunes recrues.
‘Ou bien tout simplement parce qu’ils viennent de voir un dragon en pleine action pour la première fois de leur vie,’ pensai-je avant de continuer de parler à mes soldats.
« JE LE DIS HAUT ET FORT : LES MARCHEURS BLANCS SONT DE RETOUR. CE NE SONT PAS DES HISTOIRES, TOUT COMME LES GÉANTS QUE CERTAINS D’ENTRE VOUS ONT PU APERCEVOIR DANS LE CAMP DES SAUVAGEONS, LES ENFANTS DE LA FORÊT QUI ONT TROUVÉ REFUGE AUPRÈS DE L’EMPIRE, LES DRAGONS, LES LOUPS-GÉANTS, OU ENCORE LA MAGIE, » hurlais-je en enflammant mes deux mains afin de produire de grandes flammes.
« QUE CE SOIT EN TANT QUE FILS DU NORD OU EN TANT QU’EMPEREUR, IL M’EST CATÉGORIQUEMENT INTERDIT DE LAISSER LE NORD ET SES HABITANTS FAIRE FACE À CETTE MENACE SANS LES PROTÉGER COMME IL SE DOIT. ÊTES-VOUS AVEC MOI ? » demandai-je à mes soldats, à genoux.
« OUI ! » dirent-ils tous en chœur.
Bien qu’ils soient peu nombreux, aucun d’eux n’a épargné sa voix pour me répondre.
« Je compte sur vous pour faire passer le message à toutes les forteresses : la Seconde Guerre de l’Aube vient tout juste de commencer, et nous avons déjà remporté la première bataille. Cregan Snow a abattu un Marcheur Blanc, » dis-je fort en leur donnant un peu d’espoir.
‘Faire passer cette attaque pour une victoire héroïque brisera le mythe d’invincibilité des Marcheurs Blancs et la peur qu’ils inspirent, du moins jusqu’à ce qu’ils soient en face d’eux,’ me dis-je.
« Nous ressortirons vainqueurs de cette guerre, il n’y a aucune autre option que la victoire, » dis-je juste avant de prendre mon envol, perché sur Rhaegal, accompagné de mes gardes derrière moi.