-Chapitre 24-
Added 2024-07-25 17:27:22 +0000 UTC-Chapitre 24-
-18e jour de la 6e lune de l’an 111 AC-
-POV 3e-
Durant toute la semaine, tous les nobles présents ont profité des festivités pour se rapprocher des jeunes dragonniers, qui paraissaient plus influençables que le redoutable Prince Voyou, cavalier de Caraxes.
Ceux qui pensaient pouvoir exploiter les fractures entre la famille royale et la Maison Velaryon pour souffler du poison à leurs jeunes oreilles ont été remis à leur place.
Il était désormais clair que le futur partenaire de Rhaenyra Targaryen ne serait pas Aemon Targaryen, mais le bel héritier Laenor Velaryon.
Comment un tel revirement politique s’est-il produit ?
L’explication est plutôt simple : après la petite bravade du Prince Aemon Targaryen et de la cavalière de Vhagar, le roi et son conseil agité se sont réunis pour discuter du mariage de la Princesse Rhaenyra.
Lorsque la Main du Roi, Lyonel Fort, évoqua son avis en faveur des fiançailles entre la Princesse Rhaenyra et Laenor Velaryon, Corlys Velaryon, ayant retrouvé son poste de maître des navires, s’y opposa, disant qu’il envisageait de marier Laenor avec la fille de l’actuel Seigneur de la Mer de Braavos.
Le roi, interpellé par cette déclaration, comprit qu’il n’avait plus le choix. Cela démontrait que les fiançailles entre Laena et Aemon étaient finalisées.
S’il ne se prononçait pas rapidement, la Maison Velaryon deviendrait la maison la plus puissante du royaume et pourrait même contester la décision de son prédécesseur ainsi que celle du Grand Conseil de 101, grâce à leurs quatre dragons adultes et capables de se battre.
Le roi n’était pas assez bête pour croire qu’après l’humiliation subie par le Prince Aemon et la manière dont sa mère avait été répudiée, ces offenses seraient oubliées dans l’esprit de son neveu.
Sans tarder, il entama les négociations avec le Serpent de Mer pour unir son héritière avec l’héritier du Serpent de Mer.
Ainsi, le dernier jour du tournoi, devant tous, les fiançailles entre Laenor et Rhaenyra Targaryen furent publiquement officialisées.
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-POV MC-
« Alors, j’ai appris que ta famille a finalement obtenu ce qu’elle désirait tant, » dis-je en regardant Laena qui marchait à mes côtés dans les jardins royaux.
« Père est très heureux et mère tenait à te remercier pour le rôle que tu as joué. Elle n’est pas aveugle, en fait aucun de nous ne l’est. »
J’ai souri puis dit : « Et toi, comment comptes-tu me remercier pour avoir fait en sorte que ton frère soit notre prochain roi ? »
Laena a souri puis dit :
« Je ne sais pas encore, peut-être que je te rendrai visite une fois dans le Val. »
« Une seule visite ? » ai-je demandé en feignant d’être choqué, avant d’ajouter : « Ne serait-ce pas cruel de laisser ton futur mari dans une telle solitude ? »
Elle a souri puis dit : « Je n’ai pas encore de fiancé mais… »
« Mais ? » demandai-je.
« Si un beau dragonnier faisait sa demande et que mon père y consentait, je ne vois pas pourquoi je m’y opposerais. Je détesterais le savoir obligé de parler à ses moutons à la recherche d’un peu de compagnie, » dit-elle en me lançant un sourire taquin avant d’enrouler son bras autour du mien.
Nous avons continué à discuter de sujets totalement banals par la suite, mais je savais maintenant, grâce aux discours peu subtils de Laena, qu’il était temps pour moi de commencer à avancer mes propres pions.
‘Sinon, je finirai vraiment par devoir honorer le pacte entre mon père et mon grand-père.’
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-POV Gunthor Royce-
« Alors, c’est pour quand ? » demanda Arnold en fusillant du regard la garce qui nous observait de manière hautaine.
J’ai haussé les épaules puis dit : « Nous ne sommes pas encore assez importants. »
« Qu’est-ce que tu racontes ? Nous sommes des chevaliers et je suis désormais majeur. J’ai passé mes 16 jours de noms, je peux revendiquer ce qui me revient de droit, » dit Arnold, excité et confus par ma réticence.
« La Dame des Eyriés est Jeyne Arryn, » dis-je, la main toujours posée sur mon épée, regardant au loin.
Arnold commença à s’énerver et dit : « C’est des conneries, c’est une femme, elle ne peut pas régner à ma place sur la Maison Arryn. »
« Elle peut et elle le fait déjà, » dis-je, toujours aussi indifférent, gardant mon sang-froid, une qualité que j’avais apprise au service de mon neveu, le Prince Aemon Targaryen.
« Je ne comprends pas, tu étais d’accord avec moi, » dit Arnold, confus.
J’ai pris une profonde inspiration puis dit :
« Je l’étais et je le suis toujours, mais ne te berce pas d’illusions, elle n’a pas usurpé ta position. »
« C’est ton neveu qui t’a poussé à penser de la sorte, » dit Arnold, serrant les dents de frustration.
« Je ne vais pas nier que le Prince Aemon m’a ouvert les yeux sur ta situation et j’essaie de faire de même pour toi. Réfléchis, si jamais tu te prononces contre ta cousine, que se passera-t-il ? » ai-je demandé à Arnold.
« Je la vaincrai et je reprendrai… » dit-il avant que je ne le coupe en disant :
« Comment vaincras-tu ta cousine si elle se barricade dans les Eyriés ? »
Arnold, rapidement déstabilisé, dit :
« Elle finira par perdre son avantage quand elle n’aura plus de vivres. »
« Je suis d’accord avec toi sur ce point, elle ne peut pas s’enfermer indéfiniment. Mais une fois que toutes les maisons alliées telles que les Redfort et les maisons cherchant à s’unir avec elle telles que les Corbray viendront la sauver, qui te viendra en aide ? » demandai-je, connaissant pertinemment sa réponse.
Arnold me fixa et j’ai secoué la tête en disant :
« Je ne pourrai rien faire. Je suis peut-être le prochain dans l’ordre de succession, mais je suis fidèle à ma famille et je protégerai mon neveu par tous les moyens possibles. Je lui suis totalement loyal et je ne saperai pas son autorité. »
« Mais si tu lui demandes, il pourrait essayer de… » essaya de dire Arnold.
« Crois-moi quand je te dis qu’il ne le fera pas, » dis-je en secouant la tête.
Face à la confusion d’Arnold, j’ai ajouté en posant une question à ce dernier :
« Réfléchis, pourquoi endure-t-il cette garce depuis tout ce temps ? »
« Parce qu’elle est cousine de la Princesse Héritière, » dit Arnold d’un ton bas, son feu s’éteignant d’un coup en comprenant enfin les relations dont bénéficiait Jeyne Arryn.
J’ai hoché la tête puis dit :
« Si jamais mon neveu se rebellait contre sa suzeraine, il gagnerait sans aucun doute… »
Arnold releva la tête plein d’espoir, mais j’écrasai ses lubies tout aussi rapidement en ajoutant :
« …Mais le problème deviendrait tout autre, car pour légitimer son acte, il devra invoquer le précédent du Grand Conseil de 101 AC. Ce précédent est souvent utilisé pour justifier la montée au pouvoir des hommes plutôt que le règne ou la régence d’une femme. Le Prince Daemon a utilisé cela pour faire de son fils le Seigneur de Runestone à la place de ma cousine Rhea, mais s’il le fait pour toi, il provoquera un tourment sans précédent dans tout le royaume. »
Les yeux d’Arnold s’écarquillèrent de compréhension puis il dit en complétant mes pensées :
« Le parti de la Reine Alicent utilisera cela pour détruire la légitimité de la Princesse Héritière afin de placer le sang Hightower sur le trône, et la Princesse Héritière Rhaenyra Targaryen n’acceptera jamais que la seule femme possédant un lien de sang avec elle, et qui tient en prime l’un des sept royaumes, se fasse destituer de cette manière. La symbolique serait trop forte. »
J’ai hoché la tête mais j’ai aussi ajouté :
« Qu’elle le veuille ou non, elle se fera happer par cela. Soit elle devra se battre pour défendre ses intérêts, soit elle devra accepter de se plier face au Prince Aemon. »
« Et que penses-tu qu’il se passera ? » demanda Arnold.
« Je pense que cela pourrait entraîner une guerre de succession avant même la mort du Roi. C’est pourquoi, tant que mon neveu ne t’en parle pas, n’aborde plus jamais le sujet. Je ferai en sorte qu’il ne t’oublie pas et tu feras en sorte de perfectionner tes compétences à l’épée et autres. Deviens un membre utile et indispensable de sa suite et prouve-lui ta loyauté, car n’oublie pas, en plus d’être un seigneur, il reste le Prince Aemon Targaryen, cavalier du Dragon Urrax, pressenti pour dépasser même Balerion la Terreur Noire en taille, » dis-je avant de me tenir brusquement droit en voyant mon neveu revenir des jardins au bras de la fille du Serpent de Mer, ce qui mit fin à notre discussion.
‘Une alliance avec le Serpent de Mer serait une aubaine pour les plans de mon neveu,’ pensai-je tout en faisant un signe de tête à mon neveu, qui fit de même.