-Chapitre 160-
Added 2024-06-13 05:33:20 +0000 UTC-Chapitre 160-
-4 lunes plus tard-
-21e jour de la 7e lune de l’an 300 AC-
-POV Brandon Stark-
Je me suis réveillé au beau milieu d’une tanière de loup, sonné et confus par la raison qui m’avait amené dans cet endroit.
J’ai rapidement quitté cet endroit seulement pour me retrouver nez à nez avec un lézard-lion à moins de deux mètres de moi, pataugeant dans l’eau.
Les poils de tout mon corps se sont hérissés par la tension que je ressentais, et un grognement sourd a commencé à être émis par ma gorge.
Il fallut plusieurs secondes pour que je comprenne que le grognement que j’émettais n’avait rien d’humain.
J’ai baissé les yeux pour regarder mon reflet et ce que j’ai vu n’était pas moi, non c’était Été, mon loup.
J’ai froncé les sourcils et j’ai finalement compris que j’étais entré dans la peau de mon loup, tout comme les Wargs des temps anciens.
‘Jon m’a déjà parlé de cela il y a longtemps’, pensais-je en me souvenant avec quelle force il croyait en tout cela.
« Tu penses que tu es entré dans la peau de ton loup, n’est-ce pas ? » me dit le lézard géant en face de moi.
Entendre cet animal me parler tel un humain m’a gelé instantanément et j’ai instinctivement voulu m’enfuir, mais ce dernier me rassura et dit :
« Ne t’en fais pas, c’est moi, tu ne reconnais pas ma voix ? »
J’ai froncé les sourcils puis j’ai plissé les yeux avant de demander : « Est-ce que c’est toi, Jojen ? »
‘La dernière fois que je l’ai vu, c’était à la fête de la Moisson, lui et sa sœur accompagnant leur père’, pensais-je en comprenant enfin à qui je parlais.
« Oui, c’est moi », dit-il.
« Mais comment fais-tu pour me parler et comment peux-tu me comprendre ? » dis-je car je ne parlais pas, mais je pensais et il avait l’air d’entendre mes pensées.
« Nous ne sommes pas dans la réalité, nous sommes dans ton rêve », dit-il avant de s’arrêter et de dire en regardant un oiseau bizarre qui avait trois yeux : « En fait, il serait plus juste de dire que nous sommes dans son rêve à lui. »
« Qui est-ce ? » demandais-je à Jojen.
« Je suis la corneille à trois yeux », dit l’oiseau.
« Je vous ai convoqués ici tous les deux car j’ai besoin que vous interveniez auprès d’Aegon Targaryen », dit la corneille à trois yeux.
J’ai plissé les yeux et j’ai demandé, suspicieux : « Pourquoi est-ce que vous ne le convoquez pas dans un de vos rêves comme vous l’avez fait avec moi ? »
La corneille à trois yeux est restée silencieuse quelques secondes et puis elle a dit : « Je ne pourrais rien changer et il risquerait de me tuer pour une raison que je ne comprends pas. »
« Comment est-ce que vous le savez ? » demandais-je, toujours suspicieux.
Cette fois, il ne répondit pas, mais Jojen dit : « C’est parce qu’il possède le don de la vert-vue. »
J’ai haussé un sourcil et j’ai demandé : « Qu’est-ce que la Vert-vue ? »
« C’est un don qui te permet de voir en rêve des événements qui arriveront dans le futur, mais d’une manière plus imagée et peu précise », dit Jojen.
« Et à chaque fois que je me suis servi de mon don pour essayer d’entrevoir un avenir où je discutais avec ton frère, un dragon vert m’a réduit en cendres », dit la corneille à trois yeux.
« Qu’est-ce que vous voudriez que je demande à mon frère ? » demandais-je sans baisser ma garde.
« Simplement qu’il aide le peuple libre au-delà du mur à résister à l’ennemi de tous les humains », dit la corneille à trois yeux.
« Ils ont refusé son aide », dis-je, car lorsque nous nous envoyons des lettres, je lui ai posé la question de savoir pourquoi les sauvageons nous attaquaient et pourquoi nous ne les laissions pas vivre sur nos terres s’ils fuyaient quelque chose, comme Jon me l’a dit.
« Non, il leur a imposé de se rendre pour sauver leurs vies », dit la corneille sur un ton neutre mais portant quand même une trace de ressentiment perceptible.
« C’est faux », dis-je.
« C’est un peuple fier, il leur a demandé d’abandonner leurs traditions et tout ce qui fait leur histoire pour devenir ses sujets », dit la corneille à trois yeux.
J’ai froncé les sourcils et puis j’ai dit : « S’ils voulaient sauver leur peuple, ils auraient accepté de se soumettre. »
La corneille à trois yeux a reniflé et puis elle a dit : « Ce n’est pas le moment de réfléchir de manière égoïste. Tous les royaumes des hommes doivent s’unir sans attendre sinon voici ce qui t’attendra, jeune loup, ton frère et toutes les personnes que vous chérissez. »
J’ai senti le monde tourner autour de moi avant de tomber longuement dans le vide, seulement pour me retrouver dans une forêt enneigée.
J’ai cherché Jojen et la corneille à trois yeux, mais aucun des deux n’était présent alors j’ai avancé dans le froid jusqu’à ce que j’entende les voix d’une troupe de personnes venant dans ma direction.
Les bruits se sont rapprochés rapidement et ce que j’ai vu m’a gelé : des centaines de personnes essayaient de fuir dans toutes les directions possibles alors que des milliers de morts-vivants les poursuivaient.
Le carnage qui a suivi était horrible, il n’a fallu que quelques minutes pour que la troupe de centaines d’hommes se fasse déchiqueter par les morts-vivants.
« Aaaaah »
Je me suis tourné sur la droite et j’ai vu une lance de glace percer la poitrine d’un homme qui était à deux centimètres de moi. De derrière un arbre, j’ai vu pour la première fois de ma vie ce que la Vieille Nan nous racontait depuis que nous étions petits… un marcheur blanc.
Il est passé devant moi, tétanisé, avant de retirer sa lance de la poitrine de l’homme. Il est resté quelques secondes devant son cadavre avant que ce dernier ne se relève avec un trou béant, les yeux bleus et le teint pâle.
Le marcheur blanc s’est figé et puis s’est tourné dans ma direction. Je n’ai pas osé prendre la moindre petite inspiration qui trahirait ma présence, même si j’avais compris que les autres ne pouvaient pas me voir.
Mais je ne sais pas pourquoi ce marcheur blanc a pu sentir ma présence. Il a attrapé mon cou et pendant une seconde, j’ai cru qu’il allait bien m’avoir, mais je me suis réveillé en sursaut.
‘Je dois absolument en parler à Jon’, pensais-je en prenant une petite seconde pour regarder autour de moi pour me rassurer.
Même si j’étais de retour dans ma chambre, je ne pouvais pas m’empêcher d’avoir peur que les marcheurs blancs ne reviennent pour terminer le travail.
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-POV Jojen Reed-
« Jojen, Jojen, Jojen »
« Oui », dis-je en respirant avec difficulté.
« Tu l’as encore fait », me dit ma sœur.
« Je sais, j’ai pu parler à Brandon Stark », dis-je avec un grand sourire car cela faisait longtemps que je voulais entrer en contact avec lui grâce à la vert-vue.
‘Depuis la première fois où nous nous sommes vus quand nous avons visité Winterfell à la fête des moissons’, pensais-je.
Meera, ma sœur, eut l’air surprise que je puisse parler à Bran dans mon rêve et puis elle dit : « Est-ce que lui aussi est comme toi et père ? »
J’ai hoché la tête et puis je lui ai raconté tout ce qui s’était passé dans notre rêve.
Elle prit le temps de m’écouter avant de dire : « Nous devrions en parler à père, ce genre de chose ce n’est pas correct. »
« Non, nous ne pouvons pas. Nous devons faire ce que la corneille à trois yeux nous a demandé, c’est l’avenir du monde entier qui est en jeu, nous ne pouvons pas prendre le risque de tout foutre en l’air parce que nous avons peur. »
« C’est une trop grande responsabilité pour une seule personne », dit Meera.
Je pouvais voir l’inquiétude qu’elle avait pour moi mais je n’ai pas cédé et j’ai dit : « Nous avons tous notre rôle à jouer. »
Elle allait dire autre chose mais j’ai levé la main et j’ai dit d’un ton déterminé :
« Nous devons amener Bran à la corneille à trois yeux pour qu’il puisse hériter de son pouvoir et trouver un moyen de vaincre le Roi de la Nuit. »
‘Je suis certain que la seule voie à suivre est celle que la corneille à trois yeux et les anciens dieux ont tracée pour nous’, pensais-je en fixant ma sœur qui s’est résignée.
« Bien, mais nous allons devoir partir dans quelques heures si nous voulons arriver à Winterfell dans les délais. »
J’ai souri et j’ai remercié ma sœur avant de m’assoupir.
Puiser autant dans la magie des anciens dieux m’épuisait fortement mentalement, mais dans une heure je serais prêt à partir.