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-Chapitre 151-

-Chapitre 151-

-POV Arianne Targaryen-

Durant toute la durée du voyage vers le Nord de mon mari, j’ai observé la cour et le royaume en général. Avec l’aide de Tyene, j’ai compris que la situation initiale où j’avais l’avantage n’existait plus.

La situation où une alliance avec la Maison Martell était nécessaire n’existait plus ; je n’étais plus nécessaire à Aegon. Je sais que si jamais un jour j'étais perçue comme un fardeau ou un obstacle, je pourrais bien rejoindre mon imbécile d’oncle dans la tombe.

C’est donc pour cela que nous avons mis en place une stratégie avec Tyene, une stratégie pour que je devienne la meilleure reine possible.

Les qualités principales d’une reine sont de faire des héritiers, soutenir son mari envers et contre tous, et le conseiller correctement.

C’est donc pour cela que je me suis rapprochée de Ser Gerold et de ma cousine Sarella pour qu’ils m’enseignent toutes les connaissances que, jusqu’ici, j’avais refusé d’apprendre par pure paresse, maintenant que j’y repense correctement.

Apprendre toutes sortes de connaissances ce mois dernier m’a ouvert les yeux sur tout ce que j’ignorais.

Selon Sarella, j’avais encore de nombreuses choses à apprendre.

En parlant de Sarella, j’ai été très surprise d’apprendre qu’elle avait été autorisée à rester dans la Capitale, mais encore plus qu’elle était l’apprentie du vieux rat Marwyn.

Donc elle n’a pas été concernée lorsque Aegon a ordonné le départ de tous les Dorniens faisant partie de l’entourage d’Ellaria.

Si je devais élire la leçon la plus difficile que j’ai dû intégrer le mois dernier, ce serait sûrement la leçon de tolérance.

J’ai eu énormément de mal à accepter le fait qu’Aegon puisse aller voir ailleurs, car dans toutes mes anciennes relations, j’étais celle qui dominait, celle qui définissait les règles de la relation, mais pas cette fois.

Cette fois-ci, j’étais celle qui était dominée par son partenaire et je devais tout tolérer sous peine de perdre son affection et sa faveur.

‘Tel est le fardeau d’une reine,’ me suis-je dit en regardant Cersei de ma terrasse s’extasier devant toutes les dames de la cour depuis que la nouvelle de sa grossesse avait fuité sans qu’elle ne puisse l’arrêter.

Bien que Cersei ait décidé de ne pas révéler l’identité du père de son enfant, elle en était tellement fière qu’il était difficile de ne pas se douter de son identité. C’est donc tout naturellement que la question de l’héritier a commencé à faire parler dans le château.

‘Elle veut me voler le trône. Elle veut reprendre la place qui était sienne du temps de Robert. Elle veut que je fasse une erreur, mais malheureusement pour elle, j’ai évolué. Je ne suis plus la même personne' pensais-je avec un petit sourire.

RUGISSEMENT DE DRAGON

En entendant le bruit d’un rugissement lointain, les dames qui flattaient Cersei à tour de rôle se sont toutes arrêtées de parler, tout comme moi, et j’ai regardé dans les airs à la recherche de la silhouette de Rhaegal.

J’avais besoin de voir mon mari, le seul en mesure de me protéger de toutes ces vipères.

Tyene dit en pointant un endroit dans les cieux : « Il est là. »

J’ai souri en voyant enfin la silhouette de Rhaegal qui descendait des cieux pour se poser dans la cour du château.

Je me suis réveillée en voyant Cersei avancer rapidement vers l’endroit où Rhaegal avait atterri.

« Vite, nous devons arriver avant elle », dis-je en me préparant à courir pour rattraper mon retard malgré ma grossesse déjà bien avancée.

« Arianne, n’oublie pas tes leçons. Tu es la reine, pas elle. Tu dois te montrer digne en toutes circonstances. Elle est sa chienne, tu es sa femme. Comporte-toi comme telle. Imagine si tu perdais le bébé à cause de ton empressement à aller le saluer avant elle », dit Tyene en me grondant légèrement pour me remettre les idées en place.

« Désolée, tu as raison, Tyene », dis-je en inspirant un grand coup et en pensant de manière rationnelle.

‘Je dois rester digne en toutes circonstances,’ pensais-je avant de prendre le bras de Tyene.

« Allons-y, ne le faisons pas plus attendre », dis-je à Tyene.

Tyene a hoché la tête et m’a soutenue pour que je n’aie pas d’accident et que rien n’arrive à mon bébé sur le chemin, tandis que Ser Gerold Dayne, Ser Jaime Lannister et Ser Sandor Clegane étaient derrière moi pour assurer ma sécurité.

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-POV MC-

« Alors, as-tu apprécié la vue de King’s Landing ? » ai-je demandé à Bellegere en la faisant descendre de Rhaegal en attrapant sa taille.

« Beaucoup. Comparé aux histoires et aux diverses toiles de la ville, elle n’a rien à voir. Tout paraît nouveau, mais j’imagine que c’est normal puisque vous avez réussi à rénover entièrement une ville en une année », dit-elle avec un petit sourire.

« J’avais énormément de prisonniers de guerre. Je ne pouvais pas les nourrir et en plus laisser ce genre de travaux difficiles aux petites gens de la capitale qui me sont réellement fidèles », dis-je honnêtement. 

« Maintenant que la ville est pratiquement terminée, qu’allez-vous faire d’eux ? » demanda Bellegere Otherys.

« J’ai déjà ma petite idée concernant cela. Tout ce que je peux vous dire, c’est que je vais leur donner de l’espoir », dis-je avec un petit sourire narquois.

« C’est une bonne chose. Mieux vaut leur donner de l’espoir, cela les empêchera de créer des vagues et ils vous seront reconnaissants à l’avenir », dit-elle.

J’ai haussé un sourcil et elle a dit : « Les courtisanes sont pour la plupart des jeunes filles venant de la rue que j’ai recueillies pour qu’elles ne soient pas violées ou vendues à une maison d’oreiller à Lys ou à Yunkaï à un jeune âge en raison de leur beauté. Ces filles ont perdu espoir pour la plupart et l’espoir que je leur donne se transforme généralement en loyauté. »

J’ai hoché la tête puis j’ai dit : « Je me fiche de leur loyauté, ce que je veux, c’est éliminer tous les dangers cachés que je pourrais avoir si jamais un jour je devais faire une guerre totale avec une entité. »

« Je peux voir ce qui vous inquiète : des dizaines de milliers qui se rebellent dans la capitale. Ce serait le chaos dans tout le royaume après un tel soulèvement », dit Bellegere.

J’ai hoché la tête, car ce voyage dans le Nord m’avait permis de comprendre que la menace des Marcheurs Blancs était proche et que je devais arrêter de punir les perdants pour pouvoir unir les survivants.

J’avais gagné, maintenant je devais agir comme un bon gagnant.

‘Je vais leur offrir à tous mon pardon, mais je m’attends à ce qu’ils se donnent corps et âme pour l’empire lorsque le moment sera venu. C’est un investissement.’

« Dès que le coq rentre, il semblerait que la basse-cour s’agite et que toutes les poules accourent vers lui, dirait-on », dit Bellegere en regardant derrière moi.

J’ai froncé les sourcils, confus, et j’ai vu Cersei arriver rapidement avec une foule de jeunes dames. J’ai souri en comprenant ce que voulait dire Bellegere puis j’ai dit : « Le coq a tellement de qualités, il faut le comprendre, ce n’est vraiment pas de sa faute. »

« En tout cas, l’humilité n’est pas sa première qualité », dit-elle en me regardant avec un léger regard taquin.

« C’est un coq » dis-je en souriant à Bellegere avant de me tourner vers Cersei qui entrait dans un rayon de cinq mètres de nous.

« Duchesse Cersei », dis-je en embrassant légèrement le dos de sa main qu’elle m’avait tendue.

« Votre Majesté » dit-elle d’un ton doux en faisant une révérence exceptionnellement basse, même pour moi.

‘Elle a quelque chose à me demander,’ pensais-je en sentant déjà un énorme mal de tête me frapper avant même qu’elle ne puisse ouvrir la bouche.

« Avez-vous fait bon voyage ? »

« Très bon, j’ai pris le temps de mater la rébellion des restes des partisans Blackfyre avant de m’assurer que le roi au-delà du Mur venu envahir notre royaume avec une armée de 100.000 hommes ne puisse pas franchir ce dernier, je suis étonné que vous ne m’ayez pas félicité pour cela. J’imagine que vous avez dû recevoir les nouvelles depuis le temps. »

« Vous féliciter pour si peu serait une insulte, cela impliquerait que j’ai peur de votre défaite alors que je sais pertinemment à quel point vous êtes… puissant » dit-elle en allongeant délibérément le dernier mot au plus grand amusement des dames qui la suivaient.

J’ai souri, flatté, mais elle a continué en prenant ma main qu’elle n’avait pas lâchée et elle dit :

« Comment pourrais-je douter du père de mon futur dragon ? »

Le sourire que j’arborais s’est raidi et j’ai immédiatement regardé Cersei avec une lueur de doute qu’elle a écrasée par un grand sourire.

‘Putain, j’ai fait la seule chose que je n’aurais pas dû, foutre Cersei en cloque,’ pensais-je.

J’aurais pu le faire une fois que mon premier fils serait plus âgé d’au moins cinq ans, ce qui lui laisserait le temps d’arriver à l’âge adulte avant que Cersei n’essaie quoi que ce soit.

La seule chose que j’espérais à présent, c’est que l’enfant d’Arianne soit un garçon, sinon je peux déjà imaginer les dix prochaines années que je passerai à refuser au fils que j’aurai avec Cersei son droit d’aînesse sous l’instigation de sa mère, si j’ai toutefois un fils avec elle bien sûr, car j’avais déjà décidé que je n’aurais pas de bâtards.

Mes enfants seront tous mes véritables enfants qu’ils soient nés dans ou hors mariage.

‘Ce que les traumatismes d’une enfance avec Catelyn Tully peuvent vous faire faire.’

J’ai dégluti légèrement en ignorant délibérément les soucis que cela m’apporterait à l’avenir puis j’ai dit :

« Merci pour ce magnifique cadeau. Tu ne peux pas imaginer à quel point cela me fait plaisir. »

Elle a souri et puis j’ai vu Arianne arriver et les gardes qui l’accompagnaient ont crié : « Faites place à votre Reine Arianne Targaryen, Mère du futur Héritier du Trône de Fer. »

‘Qu’est-ce qui a bien pu se passer pendant que je me suis éclipsé ? C’est comme si j’étais parti une éternité, tout change à une vitesse inconcevable,’ pensais-je en voyant Arianne se diriger vers moi, la tête levée, le dos droit tel un cygne.

Je l’ai empêchée de faire une révérence à cause de son état et j’ai dit : « Comment vas-tu ? »

« Nos enfants se portent bien », dit Arianne en prenant ma main tout en la portant à son ventre.

« Tu as dit nos enfants, tu penses que tu attends des jumeaux ? » lui ai-je demandé, surpris.

« C’est le sentiment que j’ai », dit-elle.

« Ce serait une excellente nouvelle », dis-je.

« J’ai fait préparer un bain chaud pour nous, tu viens ? » dit-elle doucement, voulant que nous nous éclipsions.

J’ai tourné la tête vers Bellegere, un peu embarrassé, car je ne l’avais pas encore aidée à s’installer, mais elle m’a fait un signe discret et j’ai dit à Arianne : « Très bien, allons-y. J’en ai bien besoin après cette chevauchée sur le dos de Rhaegal. »

Du début à la fin, Arianne n’a prêté aucune attention à Cersei dont le sourire s’était figé depuis longtemps.

‘Qui sait, peut-être qu’elle pourrait finalement devenir une bonne reine,’ pensais-je en me laissant entraîner par ma reine vers nos appartements.

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-10e jour de la 10e lune de l’an 299 AC-

« Tout est prêt pour que nous embarquions, il ne manque plus que le Magister Grazdan », dit Gudh, mon second.

« Il ne sera pas du voyage », dis-je à Gudh.

« Pourquoi ? Il nous a demandé de prendre avec nous toute sa fortune ainsi que celle des autres familles pour que nous l’amenions en secret en lieu sûr à Westeros », dit-il sans comprendre.

J’ai secoué la tête puis j’ai dit : « Il n’a jamais demandé cela, ce n’était qu’un prétexte. Grazdan n’est plus nécessaire maintenant que nous avons perdu Meereen. »

« Comment ? Je ne comprends pas ce que vous voulez dire, Chef », dit Gudh.

« Tu comprendras. Fais simplement ce que je te dis au moment où je te le dirai, compris ? » dis-je en prenant une profonde inspiration.

C’était la première initiative que je prenais et je n’étais pas encore certaine que cela soit une bonne idée sans en parler.

Gudh a hoché la tête et puis j’ai dit : « Va et dis aux hommes de lever l’ancre. »

« Oui, chef. »

‘J’espère que le roi ne me punira pas pour avoir perdu Meereen,’ pensais-je en regardant une tempête de poussière se diriger droit sur la cité de Meereen alors que nous nous en éloignions par la mer.


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