Chapitre 130
Added 2024-05-01 18:41:22 +0000 UTC-Chapitre 130-
-14e jour de la 9e lune de l’an 299 AC-
-POV Garth Flowers-
"Non, nous ne pouvons pas venir en aide aux nobles de Yunkai avant d'être nous-mêmes en sécurité."
Je n’arrêtais pas de me remémorer la phrase de Krazdhar Zo Galare, ses paroles étaient en totale contradiction avec ma mission et c'est sûrement cela qui allait faire pencher la balance en faveur de Grazdan Zo Galare.
Ma mission consistait en trois étapes : premièrement, limiter au maximum l’influence de Daenerys Targaryen dans la Baie des Serfs ; deuxièmement, implanter notre influence au maximum dans les cités-esclavagistes ; et dernièrement, ouvrir des routes commerciales avec tout le monde.
'Si ce vieux chien esclavagiste ne veut pas accepter la domination du roi, alors ainsi soit-il, qu’il crève' pensais-je en faisant signe à mes hommes.
J'ai suivi mes hommes le long des égouts jusqu'à ce que nous arrivions à l'endroit où les passages secrets nous permettaient d'entrer dans la Pyramide de la famille Galare.
J’ai fait signe de s'arrêter à nos hommes et puis je me suis plongé dans le passage secret qui reliait les égouts à l'intérieur de la pyramide.
Sur le chemin, quelques gardes ont essayé de nous empêcher d'avancer, mais soit un carreau d’arbalète, soit une flèche de sarbacane s’est logée dans le cou de ces malheureux.
Je n’ai même pas eu besoin de faire quoi que ce soit, ce qui m’a permis tout en avançant de me replonger dans le souvenir de ma rencontre avec Aegon.
'Comment imaginer qu’un gamin des bas-fonds comme moi puisse aujourd'hui avoir le destin d’un homme aussi puissant que Krazdhar Zo Galare?' pensais-je avec un petit sourire au-dessus du corps endormi du chef des familles de Meereen.
J’ai pris une profonde inspiration avant de trancher la gorge de ce vieil homme souffrant d’une obésité morbide.
'Putain de porc' dis-je intérieurement avec dégoût.
-Début du Flash-Back-
"C’est pas possible, mais qu’est-ce que tu fous ici? Je t'avais dit d'aller mendier ou voler des pièces dans les rues, et maintenant te voilà sans une pièce et sans une bourse," dit Karl en me frappant la mâchoire d’un coup de poing dévastateur.
Le goût de la terre envahit ma bouche avant que je ne puisse comprendre ce qui se passait, tandis que le monde autour de moi tournait.
Sonné, j’ai regardé Karl d’un air surpris mais alors que j’essayais d’articuler pour lui expliquer la raison de mon retour précipité, un jeune garçon entra dans la taverne et dit : "Hmm alors c’est ici que toutes ces raclures se terraient."
Un second jeune homme entra et dit en pointant une arbalète sur Karl : "Putains de connards."
"Attendez…" essayais-je de dire.
"Ferme-la et écoute notre chef," dit le dernier jeune homme également muni d’une arbalète.
"Je sais que vous êtes tous des chiens se mordant les uns les autres, vous avez trop peur des nobles pour faire ce qu’il faut alors vous opprimez les plus faibles que vous, je trouve que votre comportement est dégoûtant" dit le plus jeune des trois garçons.
Il allait ajouter quelque chose d’autre mais il se ravisa au dernier moment avant de dire : "Karl Flowers, bâtard de Sigmund High, bâtard d’un chevalier lui-même bâtard qui a pu choisir son nom une fois anobli, proxénétisme, vol, extorsion et chantage, ce sont toutes les activités que toi et tes petits copains avez faites ces 6 dernières années."
J’ai senti un sentiment de chaleur et d’espoir naître dans ma poitrine en imaginant que le jeune garçon de mon âge qui m'avait attrapé en train d'essayer de voler sa bourse était venu pour punir ces connards qui nous exploitaient sans aucun remords.
Mais cet espoir fut brisé quand il dit : "À partir d’aujourd’hui, vous allez travailler pour moi."
Tout le monde est resté bouche bée face à son discours et puis Karl et ses amis se sont mis à rire, ils ont hurlé de rire de manière presque folle et puis Karl dit : "HAHAHAHA et moi qui pensais que tu étais sérieux, espèce de putain de gosse de…"
Karl s’est retrouvé incapable de parler à cause du carreau d’arbalète coincé dans sa gorge et ce fut le plus âgé des trois garçons qui dit : "Vous n'avez vraiment rien compris, soit vous vous soumettez soit vous mourrez, faites votre choix."
-Fin du Flash-Back-
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-POV Grazdan Zo Galare-
J’ai poussé un soupir de contentement en terminant de m’amuser avec les deux esclaves de lit que les Judicieux de Yunkai m’avaient offerts, espérant qu’en tant qu’homme le plus puissant de la famille Galare, autre que mon oncle, je puisse user de mon influence pour que mon oncle Krazdhar soit favorable à leurs demandes.
'Ou bien y soit contraint'
Malheureusement, ça ne s’est pas du tout passé comme je l’avais prévu : tout d'abord, je n'ai pas réussi à convaincre mon oncle de venir en aide aux Judicieux de Yunkai, je n'ai pas non plus été en mesure de convaincre ma cousine, la Grâce Verte Galazza Galare.
'Et comme si tout cela n’était pas suffisant, j’ai perdu l'oreille de ma cousine Galazza et la confiance de mon oncle Krazdhar' pensais-je en repensant aux événements de ces derniers jours.
En fixant le mur, j’ai commencé à lister toutes mes options.
Je devais à tout prix devenir le chef de la famille Galare, encore plus maintenant car j'avais révélé ma queue de renard et il en allait désormais de ma survie.
'L'avenir de la famille Galare aurait dû m'être confié.
Si jamais ces deux petits bâtards n’étaient pas nés, alors j’aurais pu être le chef de la famille la plus influente de Meereen.
Si jamais ces deux petits bâtards n’étaient pas nés, je serais devenu le roi de Meereen, Grazdan le Grand m'aurait-il appelé.
Et au lieu de ça, je suis maintenant un paria au sein de ma propre famille' pensais-je amèrement.
J’ai regardé la dague accrochée à ma ceinture sur la chaise en face de moi.
Si je voulais réellement vivre correctement, si je voulais vivre tout court, je devais me battre.
Je me suis rhabillé et puis j’ai ramassé ma dague et je me suis dirigé vers les appartements privés de mon oncle déterminé à aller jusqu'au bout.
'Si quelqu'un doit mourir, alors il est inconcevable que ce soit moi qui y passe, je préfère qu’ils crèvent tous plutôt que…'
"AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAH"
Un cri d’horreur m’a réveillé de mon état absent et a brisé le fil de mes pensées.
J’ai couru en direction du cri et j’ai vu toute une escouade de gardes, censés assurer notre sécurité, à terre, la gorge ouverte par un poignard ou percée par un carreau d’arbalète.
'Il n’oserait quand même pas' pensais-je.
Un sentiment d’espoir m’a inondé alors que je courais droit devant moi le plus vite possible, voulant voir de mes propres yeux si j’avais eu raison de tout miser sur ce roi d’outre-mer et son assassin personnel.
C’est une fois que j’ai vu Qezza, son frère et sa mère pleurer sur le corps de mon oncle Krazdhar que j’ai senti l’immense fardeau sur mes épaules s’évaporer d’un seul coup.
J’ai failli rire mais je me suis retenu et j’ai dit d’un ton glacial : "Nous retrouverons ceux qui ont perpétré cet attentat abject contre mon oncle adoré,Krazdhar, qui fut tout au long de sa vie la lumière de la famille Galare, guidé par nos dieux."